La vallée, c'est celle de l'Alazani, et le Caucase, c'est le Kazbek, et entre les deux il y a une journée de route d'environ 280 km. Avant, Tbilissi à pied et la journée en Kakhétie : la cathédrale d'Alaverdi, Nekresi sur son versant et la dégustation dans le tunnel de Khareba, avec nuit à Telavi. Après, Ananuri et la montée à l'église de Gergeti, avec nuit à Gudauri à 2 200 mètres, et la descente par Uplistsikhe, la cave Château Ateni, dans les gorges où l'on fait l'atenuri pétillant, et le musée de Staline à Gori jusqu'à Koutaïssi, 340 km.
Le deuxième jour, depuis l'aéroport, voit Bagrati, Gelati et la grotte de Prométhée en route vers la capitale ; le septième est le transfert du retour. Cinq hôtels et aucune route répétée. Entre novembre et avril, le col de Jvari peut fermer et l'ordre s'adapte sans frais.
Itinéraire
Jour 1 - Transfert de l'aéroport de Koutaïssi à Koutaïssi
Route totale de la journée - 25KM 0 Heures et 30 Minutes Arrivée. Quelqu'un de l'équipe vous attend à l'aéroport avec une pancarte ; le reste de la journée est à vous. Route 25KM 0 Heures et 30 MinutesJour 2 - Koutaïssi - Bagrati - Gelati - Promete - Tbilissi
Route totale de la journée - 523KM 5 Heures et 0 Minutes D'abord la cathédrale de Bagrati, ensuite l'académie de Gelati, la grotte de Prométhée et le marché de Koutaïssi. 523 km, 5 heures ; nous déjeunons en chemin. Route 2KM 0 Heures et 9 MinutesCathédrale de Bagrati
On la voit de la moitié de Koutaïssi, donc vous arrivez en sachant déjà ce que c'est. Ce qu'on ne voit pas d'en bas, c'est la polémique : Bagrat III l'a consacrée en 1003, les Ottomans l'ont fait sauter en 1692 et elle est restée trois siècles en ruine jusqu'à ce qu'en 2012 on la reconstruise entièrement, avec du béton et un ascenseur de verre collé sur un côté. L'UNESCO l'a retirée de la liste en 2017 pour cette raison. Certains y voient un rafistolage. Nous, elle nous plaît toujours, surtout pour le site : la terrasse a la meilleure vue sur la ville et la vallée du Rioni. Dix minutes de côte depuis le centre et un tour complet du bâtiment pour retrouver les reliefs d'origine qui restent sur les murs.
Route 10KM 0 Heures et 20 Minutes
Académie de Gelati
David le Bâtisseur a demandé à être enterré dans le sol de la porte sud, pour que quiconque entrait marche sur sa tombe. Il y est depuis 1125, et le monastère de Gelati, qu'il a fondé en 1106, a été pendant des siècles la grande école du royaume : dans son académie, on traduisait et copiait la philosophie grecque quand la Géorgie regardait vers Byzance. Inscrit à l'UNESCO depuis 1994 et, contrairement à Bagrati, toujours sur la liste. Dès l'entrée dans l'église principale, la mosaïque de la Vierge de l'abside, du XIIe siècle ; puis des fresques sur tous les murs, de siècles différents. Nous y passons près d'une heure entre l'église, la tombe, l'académie (une longue salle aux bancs de pierre) et l'église Saint-Georges. Les coupoles ont été des années en travaux à cause des infiltrations [VERIFICAR: estado de la restauración del tejado en 2026].
Route 29KM 0 Heures et 41 Minutes
Grotte de Prométhée
À l'intérieur il fait 14 degrés toute l'année, ce qu'on apprécie en été, et en hiver aussi : prenez une veste. La grotte de Prométhée se trouve à Kumistavi, à 20 km de Koutaïssi, à côté de la station thermale de Tskaltubo. Découverte en 1984, elle a ouvert au public en 2011 avec un parcours d'un peu plus d'un kilomètre à travers six de ses 22 salles, sur des passerelles de béton et avec des lumières colorées qui plaisent aux uns et pas aux autres. Le nom vient du titan qui, selon les Grecs, a fini enchaîné dans ces montagnes ; les Géorgiens l'appellent Amirani.
La visite prend une bonne heure. À la fin, si la rivière souterraine a assez d'eau, on peut sortir en barque sur un tronçon d'environ 300 mètres, payé à part ; quand le niveau baisse, on sort à pied. Le sol est humide et glissant, mieux vaut des chaussures fermées.
Route 252KM 3 Heures et 50 Minutes
Marché de Koutaïssi
Le marché central de Koutaïssi, à deux pas du pont Blanc, est la meilleure leçon de cuisine géorgienne qu'on puisse donner en 45 minutes. À goûter : le soulgouni et le fromage frais d'Iméréthie, celui qu'on met dans le khatchapouri ; l'adjika, la pâte de piment du coin ; le khmeli-souneli, le mélange d'épices qui entre dans la moitié des recettes du pays ; le tklapi, des feuilles de fruits séchés qui ressemblent à du cuir ; des tchourtchkhela suspendus partout et, en automne, des kakis et des grenades par monceaux.
Les vendeuses font goûter et ne se vexent pas si vous n'achetez pas. Les prix sont des vrais prix, pas des prix touristiques, alors si vous voulez rapporter des épices ou du miel, c'est ici. Dehors, sur la place, la fontaine de la Colchide, avec les copies dorées des pièces d'or vieilles de 3 000 ans trouvées dans la région.
Route 230KM 3 Heures et 26 Minutes
Jour 3 - Tbilissi - Visite guidée en espagnol
Pas de route Le programme du jour : l'avenue Roustaveli, la place Metekhi, la forteresse de Narikala, Abanotubani et Antchiskhati ; nous déjeunons en chemin.Avenue Roustaveli
Un kilomètre et demi de platanes entre la place de la Liberté et la place Roustaveli. C'est la rue où Tbilissi se donne de l'importance : le Parlement, l'Opéra d'allure mauresque de 1896, le théâtre Roustaveli, l'église Kachveti, le Musée national et les vieux hôtels du début du XXe siècle. Elle porte le nom de Chota Roustaveli, le poète du XIIe siècle qui a écrit « Le Chevalier à la peau de panthère », le livre que n'importe quel Géorgien sait citer.
On la parcourt à pied en une bonne demi-heure, ou en deux stations de métro quand la chaleur serre. Devant le Parlement, une plaque mérite qu'on s'arrête : le 9 avril 1989, l'armée soviétique a dispersé ici une manifestation et vingt et une personnes sont mortes, presque toutes des femmes. Ce jour-là pèse encore sur la politique du pays.
Place Metekhi
Le roi à cheval qui regarde la ville du haut de la falaise, c'est Vakhtang Gorgasali, le fondateur de Tbilissi selon la tradition ; la statue date de 1967. À côté, l'église de Metekhi, de la fin du XIIIe siècle, construite par Démétrius II sur une autre du Ve. Le palais royal s'est dressé ici pendant des siècles, et au XIXe siècle comme à l'époque soviétique le bâtiment a servi de prison : Gorki y est passé. Puis il est devenu théâtre, et en 1988 il est redevenu église.
Nous venons ici pour la vue, la meilleure sur la ville basse : les bains de soufre juste en dessous, Narikala en face et la rivière qui passe entre les deux. Un arrêt d'un quart d'heure qui s'allonge presque toujours à cause des photos.
Forteresse de Narikala
Nous prenons le téléphérique qui part du parc Rike et traverse la rivière en deux minutes ; il coûte le prix d'un ticket de métro et se paie avec la même carte. En haut, Narikala, ou ce qu'il en reste : fondée par les Perses au IVe siècle, agrandie par les Arabes au VIIIe et par les Géorgiens au XIIe, elle a perdu une bonne partie de ses murs en 1827 dans l'explosion de la poudrière. L'église Saint-Nicolas, à l'intérieur, date de 1997, sur des fondations médiévales.
La raison de monter, ce ne sont pas les pierres mais la vue : toute la vieille ville, les coupoles des bains, la rivière et Metekhi en face. Attention, les remparts n'ont pas de garde-fou et la roche est polie par tant de pas. D'ici, nous redescendons à pied par le quartier de Betlemi jusqu'aux bains, en passant devant la Mère de la Géorgie, la statue d'aluminium de 1958 qui veille sur la ville avec une coupe dans une main et une épée dans l'autre.
Abanotubani
Tbilissi veut dire « lieu chaud », et la chaleur vient d'ici. Abanotubani, c'est le quartier des bains de soufre, sur la rive droite de la Mtkvari, juste sous Narikala : des coupoles de brique au ras du sol avec les bains dessous, et une eau qui jaillit toute seule à 37-40 degrés et sent l'œuf. La légende dit que le roi Vakhtang Gorgasali a fondé la ville au Ve siècle après avoir vu un faisan blessé guérir dans ces eaux. Pouchkine s'y est baigné en 1829 et a écrit qu'il n'avait jamais rien vu de pareil.
On peut se promener et regarder, mais ce qui vaut la peine, c'est d'entrer : une salle privée avec un bassin d'eau chaude et, si vous voulez, un gommage au gant de crin qui vous laisse comme neuf. Il faut réserver en haute saison, et apporter maillot et serviette ou les louer. La façade aux carreaux bleus est celle du bain Orbeliani ; les autres sont plus sobres de l'extérieur.
Antchiskhati
C'est la plus vieille église encore debout de Tbilissi, et ça ne se voit pas : une petite basilique à trois nefs, en pierre nue, cachée dans une rue de la vieille ville. Le roi Datchi, fils de Vakhtang Gorgasali, l'a fait bâtir vers l'an 530. Le nom vient de l'icône du Christ d'Antcha, arrivée ici en 1664 d'une région qui est aujourd'hui en Turquie et qui se trouve maintenant au musée des Beaux-Arts. Le clocher de brique, de 1675, est ce qu'on voit depuis la rue.
Si cela tombe un dimanche matin, nous entrons pendant la liturgie : le chœur d'Antchiskhati chante la polyphonie géorgienne comme on la chantait il y a des siècles, et c'est l'une des choses dont les gens se souviennent le plus du voyage. Les autres jours, elle est presque vide et se visite en dix minutes. Des foulards sont à l'entrée pour les femmes.
Jour 4 - Tbilissi - Alaverdi - Nekresi - Kvareli - Telavi
Route totale de la journée - 191KM 3 Heures et 43 Minutes Le monastère d'Alaverdi, le monastère de Nekresi et la cave Khareba. Ce sont 191 km ; nous partons tôt pour ne pas nous presser. Route 107KM 2 Heures et 12 MinutesMonastère d'Alaverdi
La cathédrale d'Alaverdi se voit de loin dans la plaine de Kakhétie : 50 mètres de haut, la deuxième église la plus haute de Géorgie et, pendant près de mille ans, la première. Kvirike III l'a fait bâtir au début du XIe siècle sur le monastère fondé au VIe par Joseph d'Alaverdi, l'un des treize pères assyriens qui ont apporté la vie monastique au pays. À l'intérieur subsistent des fresques du XIe au XVe siècle, qu'il est interdit de photographier.
Les moines font du vin en qvevri depuis 2006, reprenant une tradition vieille de plusieurs siècles ici, et en septembre la fête d'Alaverdoba rassemble la moitié de la région dans le pré d'à côté. Visite de 40 minutes ; foulard pour les femmes et, si vous êtes en short, des jupes sont prêtées à la porte.
Route 34KM 0 Heures et 36 Minutes
Monastère de Nekresi
On laisse la voiture en bas et on monte dans le minibus du monastère, un kilomètre et demi de côte à travers la forêt, parce que Nekresi est accroché au versant au-dessus de la vallée de l'Alazani, près de Kvareli. En haut, une basilique minuscule du IVe siècle, l'une des plus vieilles églises encore debout en Géorgie, et l'ensemble fondé au VIe siècle par Abibos de Nekresi, un autre des treize pères assyriens : église, tour, réfectoire et un marani, la cave aux jarres enterrées. La vue est parmi les plus belles de Kakhétie.
Quarante-cinq minutes. Le minibus monte toutes les quelques minutes ; ceux qui préfèrent marcher comptent une demi-heure de montée.
Route 12KM 0 Heures et 18 Minutes
Cave Khareba, le tunnel du vin
En 1962, les Soviétiques ont creusé 7,7 km de tunnels dans le flanc du Caucase, près de Kvareli, pour stocker le vin à température constante : 12 à 14 degrés toute l'année. Ils appartiennent aujourd'hui à la cave Khareba, qui les a remplis de bouteilles et de qvevris, ces jarres enterrées dans lesquelles la Géorgie fait du vin depuis 8 000 ans. On parcourt un tronçon éclairé, on explique la méthode et on déguste : en général un blanc de rkatsiteli, un rouge de saperavi et, pour les courageux, la tchatcha, l'eau-de-vie de marc.
C'est une grande cave assez touristique, nous le disons pour que vous le sachiez ; en échange, le tunnel est frais en plein été et l'explication est claire. Une heure. Dehors, un restaurant avec terrasse si le déjeuner tombe dans le coin.
Route 38KM 0 Heures et 37 Minutes
Jour 5 - Telavi - Ananuri - Gergeti - Gudauri
Route 198KM 4 Heures et 35 Minutes Environ 280 km : de Telavi à la route militaire par Tianeti, arrêt à Ananuri et montée à Gergeti. Nous déjeunons en chemin.Ananuri
Premier arrêt sérieux de la route militaire géorgienne, à 66 km de Tbilissi : une forteresse avec deux églises à l'intérieur, plantée au-dessus du lac de barrage de Jinvali. L'eau turquoise de toutes les photos date de 1986, quand le barrage a noyé la vallée ; jusque-là, le château surveillait un carrefour. Ce fut le siège des Eristavi d'Aragvi, les ducs de la région, du XIIIe au XVIIIe siècle, et l'histoire qu'on vous racontera est celle de 1739, quand un seigneur rival l'a prise et a passé toute la famille au fil de l'épée.
Le meilleur d'Ananuri, c'est la façade de la grande église, celle de l'Assomption, de 1689 : une croix énorme sculptée de vignes, de lions et d'anges. On peut monter à la tour, par un escalier étroit. Une demi-heure, et à la sortie il y a des étals de tchourtchkhela, ces chapelets de noix trempés dans le moût de raisin, qui sont bons ici et pas chers. En automne, le lac baisse et la carte postale perd ses couleurs.
Église de la Trinité de Gergeti
La photo de la Géorgie : une église du XIVe siècle, seule sur une crête à 2 170 mètres, avec le Kazbek (5 047 m) derrière si les nuages le permettent. On y monte depuis Stepantsminda, le village en bas, par une route de 6 km goudronnée il y a peu d'années ; avant, il fallait un 4x4 ou une heure et demie à pied, et en hiver il faut toujours le 4x4. Pendant des siècles, on cachait ici les trésors de Mtskheta à l'arrivée des envahisseurs, tant l'endroit est isolé.
Deux avertissements. Le premier : le Kazbek est souvent couvert à partir de midi, alors nous montons le plus tôt possible et, s'il est caché, nous attendons un peu, parce que parfois ça se dégage. Le second : là-haut il fait froid et il y a du vent toute l'année ; en plein mois d'août, nous avons vu des gens en manches courtes grelotter. Foulard pour entrer et épaules couvertes ; des jupes sont prêtées à la porte pour ceux qui sont en short. Une heure pour la montée, l'église et les photos.
Jour 6 - Gudauri - Uplistsikhe - Bodega - Gori - Koutaïssi
Route totale de la journée - 340KM 5 Heures et 36 Minutes Une journée avec 5 heures 36 minutes au volant, ce qui n'est pas rien, et en échange Uplistsikhe, la cave Château Ateni et le musée de Staline. Route 167KM 2 Heures et 35 MinutesUplistsikhe
Une ville entière creusée dans la roche, à 10 km de Gori, au-dessus de la rivière Mtkvari. On a vécu à Uplistsikhe du premier millénaire avant notre ère jusqu'au Moyen Âge : d'abord un centre païen, puis chrétien, et toujours une étape des caravanes. Il reste des rues taillées, une salle au plafond imitant des poutres de bois (on l'appelle « salle de la reine Tamar »), des pressoirs à vin, un tunnel qui descend vers la rivière et une église de brique du Xe siècle plantée au sommet. Les Mongols l'ont vidée au XIIIe siècle et elle ne s'en est jamais remise.
Un conseil : en été il n'y a pas d'ombre et la roche brûle, donc mieux vaut tôt le matin ou en fin de journée, avec des chaussures qui accrochent, parce que la pierre polie glisse. Une heure suffit pour monter jusqu'à l'église et regarder la rivière d'en haut.
Route 12KM 0 Heures et 21 Minutes
Cave Château Ateni
La vallée d'Ateni, à dix minutes de Gori, est le berceau de l'atenuri, un mousseux naturel qu'on faisait ici bien avant que quiconque parle de méthode ancestrale : cépage chinuri, seconde fermentation en bouteille ou en qvevri, et une bulle fine. Château Ateni est une petite cave familiale qui l'a fait renaître et qui fait déguster sur une terrasse face à la vallée. Une heure avec la dégustation ; s'il reste du temps, à 2 km se trouve l'église d'Ateni Sioni, du VIIe siècle avec des fresques du XIe, qui vaut le détour.
Route 7KM 0 Heures et 15 Minutes
Musée de Staline
Gori est la ville où est né Iossif Djougachvili en 1878, et le musée qu'on lui a consacré en 1957 est toujours ouvert, presque tel quel. Ce sont trois choses : la petite maison de bois où il est né, protégée sous un pavillon à colonnes ; le bâtiment principal, un palais de style soviétique avec ses objets personnels, des photos, des cadeaux de chefs d'État et l'une des copies en bronze de son masque mortuaire ; et le wagon blindé dans lequel il est allé à Yalta et à Potsdam, parce qu'il n'aimait pas l'avion.
Disons-le clairement : le musée raconte la version aimable. Il y a une petite salle sur la répression, ajoutée tard, et guère plus. Le reste, nous le racontons en chemin, et la visite, d'une heure, se termine souvent par une longue conversation dans la voiture.
Route 154KM 2 Heures et 25 Minutes