D'abord en haut, puis vers le sud. Le premier jour monte par la route militaire, avec arrêt à Jvari et Svétitskhovéli à Mtskheta et à la forteresse d'Ananuri au bord du lac de barrage, jusqu'à l'église de la Trinité de Gergeti, à 2 170 mètres sous le Kazbek ; on dort à Gudauri, la station de ski, à 2 200 mètres, au lieu de redescendre à Tbilissi. Le deuxième jour traverse le pays vers la Samtskhé-Djavakhétie : le musée de Staline à Gori, la ville rupestre d'Uplistsikhe et 312 km jusqu'à Akhaltsikhé, avec le château de Rabati pour l'après-midi.
Le troisième, c'est Vardzia, la cité creusée de la reine Tamar, et la forteresse de Khertvisi, avec retour à Tbilissi par Bordjomi. Entre novembre et avril, le col de Jvari peut fermer à cause de la neige ; si c'est le cas, nous inversons l'ordre ou remplaçons la montagne par la Kakhétie sans frais. Deux nuits d'hôtel, à Gudauri et Akhaltsikhé.
Itinéraire
Jour 1 - Tbilissi - Djvari - Svetitskhoveli - Kazbegi - Gudauri
Route totale de la journée - 216KM 4 Heures et 29 Minutes Le matin, Jvari ; l'après-midi, Svétitskhovéli, Ananuri et l'église de la Trinité de Gergeti. En tout, 216 km. Route 25KM 0 Heures et 36 MinutesJvari, le monastère de la Croix
Depuis la route de Tbilissi, on aperçoit une petite église au sommet d'une colline nue, au-dessus de Mtskheta. C'est Jvari, « la croix », et elle est là parce que, selon la tradition, au IVe siècle sainte Nino a planté à cet endroit une croix de bois en convertissant la Géorgie. L'église actuelle a été bâtie entre 586 et 605 et a servi de modèle à beaucoup d'autres dans le pays : plan en croix à quatre absides et coupole au centre, presque sans décor. Elle est inscrite à l'UNESCO avec Mtskheta.
Ce qu'on retient, c'est la vue : en bas, l'Aragvi et la Mtkvari se rejoignent, chacune d'une couleur, avec la cathédrale de Svétitskhovéli entre les deux. Lermontov y a situé son poème « Mtsyri ». Il y a presque toujours du vent, donc une veste n'est pas de trop même en juillet. Vingt minutes, une demi-heure si le ciel est dégagé.
Route 13KM 0 Heures et 18 Minutes
Svétitskhovéli
Pour un Géorgien, c'est la cathédrale, sans autre précision. Elle se trouve à Mtskheta, l'ancienne capitale, à 20 km de Tbilissi, et l'édifice actuel a été élevé entre 1010 et 1029 sur l'église du IVe siècle du roi Mirian, celui qui a converti le pays au christianisme. Dessous, selon la tradition, est enterrée la tunique du Christ : un Juif de Mtskheta l'a rapportée de Jérusalem, sa sœur Sidonia est morte en la serrant contre elle et on les a enterrées ensemble ; un cèdre a poussé à cet endroit, et de son tronc est sortie la colonne qui donne son nom au sanctuaire, « la colonne qui donne la vie ». Ici on couronnait et on enterrait les rois ; les dalles de Vakhtang Gorgasali et d'Érékle II sont dans le sol.
Inscrite à l'UNESCO depuis 1994, et le week-end les mariages s'enchaînent, si bien qu'on attend parfois à la porte. Foulard pour les femmes et épaules couvertes pour tous. Une demi-heure à l'intérieur, une autre dans les ruelles alentour, qui vivent du tourisme mais gardent un air de village.
Route 45KM 0 Heures et 45 Minutes
Ananuri
Premier arrêt sérieux de la route militaire géorgienne, à 66 km de Tbilissi : une forteresse avec deux églises à l'intérieur, plantée au-dessus du lac de barrage de Jinvali. L'eau turquoise de toutes les photos date de 1986, quand le barrage a noyé la vallée ; jusque-là, le château surveillait un carrefour. Ce fut le siège des Eristavi d'Aragvi, les ducs de la région, du XIIIe au XVIIIe siècle, et l'histoire qu'on vous racontera est celle de 1739, quand un seigneur rival l'a prise et a passé toute la famille au fil de l'épée.
Le meilleur d'Ananuri, c'est la façade de la grande église, celle de l'Assomption, de 1689 : une croix énorme sculptée de vignes, de lions et d'anges. On peut monter à la tour, par un escalier étroit. Une demi-heure, et à la sortie il y a des étals de tchourtchkhela, ces chapelets de noix trempés dans le moût de raisin, qui sont bons ici et pas chers. En automne, le lac baisse et la carte postale perd ses couleurs.
Route 94KM 1 Heures et 50 Minutes
Église de la Trinité de Gergeti
La photo de la Géorgie : une église du XIVe siècle, seule sur une crête à 2 170 mètres, avec le Kazbek (5 047 m) derrière si les nuages le permettent. On y monte depuis Stepantsminda, le village en bas, par une route de 6 km goudronnée il y a peu d'années ; avant, il fallait un 4x4 ou une heure et demie à pied, et en hiver il faut toujours le 4x4. Pendant des siècles, on cachait ici les trésors de Mtskheta à l'arrivée des envahisseurs, tant l'endroit est isolé.
Deux avertissements. Le premier : le Kazbek est souvent couvert à partir de midi, alors nous montons le plus tôt possible et, s'il est caché, nous attendons un peu, parce que parfois ça se dégage. Le second : là-haut il fait froid et il y a du vent toute l'année ; en plein mois d'août, nous avons vu des gens en manches courtes grelotter. Foulard pour entrer et épaules couvertes ; des jupes sont prêtées à la porte pour ceux qui sont en short. Une heure pour la montée, l'église et les photos.
Route 39KM 1 Heures et 0 Minutes
Jour 2 - Gudauri - Gori - Uplistsikhe - Akhaltsikhe
Route totale de la journée - 312KM 5 Heures et 20 Minutes D'abord le musée de Staline, ensuite Uplistsikhe. 312 km, 5 heures 20 minutes ; nous déjeunons en chemin. Route 153KM 2 Heures et 30 MinutesMusée de Staline
Gori est la ville où est né Iossif Djougachvili en 1878, et le musée qu'on lui a consacré en 1957 est toujours ouvert, presque tel quel. Ce sont trois choses : la petite maison de bois où il est né, protégée sous un pavillon à colonnes ; le bâtiment principal, un palais de style soviétique avec ses objets personnels, des photos, des cadeaux de chefs d'État et l'une des copies en bronze de son masque mortuaire ; et le wagon blindé dans lequel il est allé à Yalta et à Potsdam, parce qu'il n'aimait pas l'avion.
Disons-le clairement : le musée raconte la version aimable. Il y a une petite salle sur la répression, ajoutée tard, et guère plus. Le reste, nous le racontons en chemin, et la visite, d'une heure, se termine souvent par une longue conversation dans la voiture.
Uplistsikhe
Une ville entière creusée dans la roche, à 10 km de Gori, au-dessus de la rivière Mtkvari. On a vécu à Uplistsikhe du premier millénaire avant notre ère jusqu'au Moyen Âge : d'abord un centre païen, puis chrétien, et toujours une étape des caravanes. Il reste des rues taillées, une salle au plafond imitant des poutres de bois (on l'appelle « salle de la reine Tamar »), des pressoirs à vin, un tunnel qui descend vers la rivière et une église de brique du Xe siècle plantée au sommet. Les Mongols l'ont vidée au XIIIe siècle et elle ne s'en est jamais remise.
Un conseil : en été il n'y a pas d'ombre et la roche brûle, donc mieux vaut tôt le matin ou en fin de journée, avec des chaussures qui accrochent, parce que la pierre polie glisse. Une heure suffit pour monter jusqu'à l'église et regarder la rivière d'en haut.
Jour 3 - Akhaltsikhe - Vardzia - Khertvisi - Tbilissi
Route totale de la journée - 287KM 5 Heures et 30 Minutes Nous partons après le petit-déjeuner. Au programme, Vardzia et la forteresse de Khertvisi ; 287 km par tronçons. Route 60KM 1 Heures et 20 MinutesVardzia
Une paroi rocheuse de 500 mètres de long trouée sur 19 étages : voilà Vardzia, la cité-monastère que la reine Tamar a achevée vers 1185 dans la vallée de la Mtkvari, à 60 km d'Akhaltsikhé. Elle a compté des milliers de pièces ; le tremblement de terre de 1283 a emporté toute la façade et mis à nu ce qu'on voit aujourd'hui, quelque 600 salles : cellules, caves à vin, réfectoires, une pharmacie et des canaux d'irrigation taillés dans la pierre. Dans l'église de la Dormition se trouvent les fresques du XIIe siècle, avec l'un des rares portraits de Tamar réalisés de son vivant.
C'est toujours un monastère, avec quelques moines, donc certaines zones sont fermées. La visite dure une heure et demie, presque tout en escaliers et en tunnels étroits : pas pour les genoux fragiles ni les claustrophobes, même s'il existe des parcours qui évitent les passages. En été, le soleil frappe la paroi dès le milieu de la matinée ; nous y allons le plus tôt possible.
Forteresse de Khertvisi
Là où la rivière Paravani rejoint la Mtkvari, sur la route de Vardzia, un château perché sur un rocher se dresse, sous une forme ou une autre, depuis le IIe siècle avant notre ère ; la légende veut qu'Alexandre le Grand l'ait détruit, lui qui n'est jamais passé par ici. Les murailles et les tours qu'on voit datent des Xe au XIVe siècles, avec une église de 985 à l'intérieur. Khertvisi surveillait la route entre la Géorgie et l'Empire ottoman, et a changé de mains aussi souvent que la région.
Un arrêt de 20 minutes, avec une montée courte et raide jusqu'aux tours pour qui veut la vue sur la vallée. Il y a un tunnel secret qui descendait à la rivière, fermé aujourd'hui.