— Itinéraire —

La route du Caucase

2 jours Tbilisi (TBS)

La version tranquille de l'excursion au Kazbek. Au lieu de faire 320 km en une journée, nous dormons à Gudauri, la station de ski à 2 200 mètres, et cela change le voyage : nous montons par la route militaire en nous arrêtant à Jvari et à Ananuri, nous arrivons à Stepantsminda avec encore de la lumière pour l'église de Gergeti et nous continuons jusqu'à la gorge de Dariali, le défilé par lequel la route entre en Russie, avec le monastère neuf au pied des parois. Dîner à l'hôtel, la montagne en face.

Le deuxième jour, nous redescendons vers la Kartlie : la ville creusée dans la roche d'Uplistsikhe, qui existait avant Rome, et Gori, avec le musée de Staline, que chacun prend comme il peut. 270 km, le long tronçon du voyage. En hiver, Gudauri est pleine de skieurs et les prix montent ; en été, elle est à moitié vide et c'est un endroit calme pour dormir en altitude. Si le col de Jvari ferme à cause de la neige, ce qui arrive, nous changeons l'ordre ou la destination sans frais.

Itinéraire

Jour 1 - Tbilisi - Djvari - Ananuri - Kazbegui - Dariali - Gudauri

Route totale de la journée - 208KM 4 Heures et 14 Minutes Nous montons la route militaire sans nous presser, c'est pour ça que nous dormons là-haut : 208 km jusqu'à Gudauri en passant par Kazbegi et la gorge de Dariali. Route 25KM 0 Heures et 36 Minutes

Jvari, le monastère de la Croix

Jvari, le monastère de la Croix Depuis la route de Tbilissi, on aperçoit une petite église au sommet d'une colline nue, au-dessus de Mtskheta. C'est Jvari, « la croix », et elle est là parce que, selon la tradition, au IVe siècle sainte Nino a planté à cet endroit une croix de bois en convertissant la Géorgie. L'église actuelle a été bâtie entre 586 et 605 et a servi de modèle à beaucoup d'autres dans le pays : plan en croix à quatre absides et coupole au centre, presque sans décor. Elle est inscrite à l'UNESCO avec Mtskheta. Ce qu'on retient, c'est la vue : en bas, l'Aragvi et la Mtkvari se rejoignent, chacune d'une couleur, avec la cathédrale de Svétitskhovéli entre les deux. Lermontov y a situé son poème « Mtsyri ». Il y a presque toujours du vent, donc une veste n'est pas de trop même en juillet. Vingt minutes, une demi-heure si le ciel est dégagé. Route 50KM 0 Heures et 48 Minutes

Ananuri

Ananuri Premier arrêt sérieux de la route militaire géorgienne, à 66 km de Tbilissi : une forteresse avec deux églises à l'intérieur, plantée au-dessus du lac de barrage de Jinvali. L'eau turquoise de toutes les photos date de 1986, quand le barrage a noyé la vallée ; jusque-là, le château surveillait un carrefour. Ce fut le siège des Eristavi d'Aragvi, les ducs de la région, du XIIIe au XVIIIe siècle, et l'histoire qu'on vous racontera est celle de 1739, quand un seigneur rival l'a prise et a passé toute la famille au fil de l'épée. Le meilleur d'Ananuri, c'est la façade de la grande église, celle de l'Assomption, de 1689 : une croix énorme sculptée de vignes, de lions et d'anges. On peut monter à la tour, par un escalier étroit. Une demi-heure, et à la sortie il y a des étals de tchourtchkhela, ces chapelets de noix trempés dans le moût de raisin, qui sont bons ici et pas chers. En automne, le lac baisse et la carte postale perd ses couleurs. Route 94KM 1 Heures et 50 Minutes

Église de la Trinité de Gergeti

Église de la Trinité de Gergeti La photo de la Géorgie : une église du XIVe siècle, seule sur une crête à 2 170 mètres, avec le Kazbek (5 047 m) derrière si les nuages le permettent. On y monte depuis Stepantsminda, le village en bas, par une route de 6 km goudronnée il y a peu d'années ; avant, il fallait un 4x4 ou une heure et demie à pied, et en hiver il faut toujours le 4x4. Pendant des siècles, on cachait ici les trésors de Mtskheta à l'arrivée des envahisseurs, tant l'endroit est isolé. Deux avertissements. Le premier : le Kazbek est souvent couvert à partir de midi, alors nous montons le plus tôt possible et, s'il est caché, nous attendons un peu, parce que parfois ça se dégage. Le second : là-haut il fait froid et il y a du vent toute l'année ; en plein mois d'août, nous avons vu des gens en manches courtes grelotter. Foulard pour entrer et épaules couvertes ; des jupes sont prêtées à la porte pour ceux qui sont en short. Une heure pour la montée, l'église et les photos. Route 39KM 1 Heures et 0 Minutes

Jour 2 - Gudauri - Uplistsikhe - Gori - Tbilisi

Route totale de la journée - 270KM 4 Heures et 17 Minutes Nous redescendons de la montagne vers la Kartlie. C'est la longue journée au volant, 270 km, avec deux arrêts qui en valent la peine. Route 167KM 2 Heures et 35 Minutes

Uplistsikhe

Uplistsikhe Une ville entière creusée dans la roche, à 10 km de Gori, au-dessus de la rivière Mtkvari. On a vécu à Uplistsikhe du premier millénaire avant notre ère jusqu'au Moyen Âge : d'abord un centre païen, puis chrétien, et toujours une étape des caravanes. Il reste des rues taillées, une salle au plafond imitant des poutres de bois (on l'appelle « salle de la reine Tamar »), des pressoirs à vin, un tunnel qui descend vers la rivière et une église de brique du Xe siècle plantée au sommet. Les Mongols l'ont vidée au XIIIe siècle et elle ne s'en est jamais remise. Un conseil : en été il n'y a pas d'ombre et la roche brûle, donc mieux vaut tôt le matin ou en fin de journée, avec des chaussures qui accrochent, parce que la pierre polie glisse. Une heure suffit pour monter jusqu'à l'église et regarder la rivière d'en haut.  

Musée de Staline

Musée de Staline Gori est la ville où est né Iossif Djougachvili en 1878, et le musée qu'on lui a consacré en 1957 est toujours ouvert, presque tel quel. Ce sont trois choses : la petite maison de bois où il est né, protégée sous un pavillon à colonnes ; le bâtiment principal, un palais de style soviétique avec ses objets personnels, des photos, des cadeaux de chefs d'État et l'une des copies en bronze de son masque mortuaire ; et le wagon blindé dans lequel il est allé à Yalta et à Potsdam, parce qu'il n'aimait pas l'avion. Disons-le clairement : le musée raconte la version aimable. Il y a une petite salle sur la répression, ajoutée tard, et guère plus. Le reste, nous le racontons en chemin, et la visite, d'une heure, se termine souvent par une longue conversation dans la voiture.