La Kartlie est la région qui a donné son nom au pays en géorgien, Sakartvelo, et en 190 km on parcourt une bonne partie de son histoire. Nous commençons à Mtskheta, l'ancienne capitale, à vingt minutes de Tbilissi, avec la cathédrale de Svétitskhovéli, où l'on couronnait les rois et où la tradition situe la tunique du Christ ; depuis la route, on aperçoit en haut le monastère de Jvari. Nous continuons jusqu'à Uplistsikhe, une ville taillée dans la roche qui existait déjà avant Rome, et nous terminons à Gori, la ville natale de Staline, avec son musée, tout sauf neutre.
C'est une journée variée et peu fatigante : trois heures et demie de voiture en tronçons courts et beaucoup de marche. À Uplistsikhe il n'y a pas d'ombre, alors en été nous la visitons avant le déjeuner. Le musée de Staline, chacun le prend comme il veut ; pour nous, c'est l'occasion de raconter les soixante-dix années soviétiques de la Géorgie, que le musée ne raconte pas.
Itinéraire
Jour 1 - Tbilisi - Mtskheta - Uplistsikhe - Gori - Tbilisi
Route totale de la journée - 190KM 3 Heures et 22 Minutes Une journée d'histoire en trois temps : la Géorgie chrétienne à Mtskheta, celle d'avant le Christ à Uplistsikhe et la soviétique à Gori. 190 km au total, en tronçons courts. Route 26KM 0 Heures et 35 MinutesSvétitskhovéli
Pour un Géorgien, c'est la cathédrale, sans autre précision. Elle se trouve à Mtskheta, l'ancienne capitale, à 20 km de Tbilissi, et l'édifice actuel a été élevé entre 1010 et 1029 sur l'église du IVe siècle du roi Mirian, celui qui a converti le pays au christianisme. Dessous, selon la tradition, est enterrée la tunique du Christ : un Juif de Mtskheta l'a rapportée de Jérusalem, sa sœur Sidonia est morte en la serrant contre elle et on les a enterrées ensemble ; un cèdre a poussé à cet endroit, et de son tronc est sortie la colonne qui donne son nom au sanctuaire, « la colonne qui donne la vie ». Ici on couronnait et on enterrait les rois ; les dalles de Vakhtang Gorgasali et d'Érékle II sont dans le sol.
Inscrite à l'UNESCO depuis 1994, et le week-end les mariages s'enchaînent, si bien qu'on attend parfois à la porte. Foulard pour les femmes et épaules couvertes pour tous. Une demi-heure à l'intérieur, une autre dans les ruelles alentour, qui vivent du tourisme mais gardent un air de village.
Route 61KM 1 Heures et 5 Minutes
Uplistsikhe
Une ville entière creusée dans la roche, à 10 km de Gori, au-dessus de la rivière Mtkvari. On a vécu à Uplistsikhe du premier millénaire avant notre ère jusqu'au Moyen Âge : d'abord un centre païen, puis chrétien, et toujours une étape des caravanes. Il reste des rues taillées, une salle au plafond imitant des poutres de bois (on l'appelle « salle de la reine Tamar »), des pressoirs à vin, un tunnel qui descend vers la rivière et une église de brique du Xe siècle plantée au sommet. Les Mongols l'ont vidée au XIIIe siècle et elle ne s'en est jamais remise.
Un conseil : en été il n'y a pas d'ombre et la roche brûle, donc mieux vaut tôt le matin ou en fin de journée, avec des chaussures qui accrochent, parce que la pierre polie glisse. Une heure suffit pour monter jusqu'à l'église et regarder la rivière d'en haut.
Route 14KM 0 Heures et 20 Minutes
Musée de Staline
Gori est la ville où est né Iossif Djougachvili en 1878, et le musée qu'on lui a consacré en 1957 est toujours ouvert, presque tel quel. Ce sont trois choses : la petite maison de bois où il est né, protégée sous un pavillon à colonnes ; le bâtiment principal, un palais de style soviétique avec ses objets personnels, des photos, des cadeaux de chefs d'État et l'une des copies en bronze de son masque mortuaire ; et le wagon blindé dans lequel il est allé à Yalta et à Potsdam, parce qu'il n'aimait pas l'avion.
Disons-le clairement : le musée raconte la version aimable. Il y a une petite salle sur la répression, ajoutée tard, et guère plus. Le reste, nous le racontons en chemin, et la visite, d'une heure, se termine souvent par une longue conversation dans la voiture.
Route 89KM 1 Heures et 22 Minutes