Zvartnots : la cathédrale ronde du VIIe siècle qui s'est effondrée et qu'on a redessinée

En quittant Erevan vers l'aéroport, à droite de la route, un cercle de colonnes et d'arcs brisés se dresse sur une plateforme de pierre, avec l'Ararat derrière par temps clair. C'est Zvartnots, ce qui reste d'une cathédrale du VIIe siècle qui fut, tant qu'elle tint debout, le bâtiment le plus audacieux de l'Arménie médiévale : ronde, à trois niveaux étagés et haute d'environ 45 mètres, quand tout le reste n'était qu'églises à plan en croix. Elle s'est effondrée au Xe siècle et personne ne la revit avant 1900.

Ruines de la cathédrale de Zvartnots, Arménie
Les ruines de Zvartnots : la plateforme, les colonnes et les arcs remontés du premier niveau.

Qui l'a bâtie et pourquoi elle était singulière

Elle fut commandée par le catholicos Nersès III, dit le Bâtisseur, entre 643 et 652, à l'endroit où, selon la tradition, le roi Tiridate rencontra Grégoire l'Illuminateur. Nersès avait vécu à Constantinople et voulait quelque chose qui ne ressemble à rien en Arménie : une église circulaire avec un quadrilobe à l'intérieur, trois niveaux se rétrécissant vers le haut et une coupole au sommet, comme les grandes églises byzantines, mais en pierre de tuf. Les colonnes portent des chapiteaux aux aigles, ailes déployées, et dans les écoinçons se trouvent des reliefs des donateurs et des maîtres d'œuvre avec leurs outils, chose rarissime.

Comment elle est tombée et comment elle est revenue

Un séisme vers l'an 930 l'a jetée à terre ; les pierres de taille furent réemployées et le site se couvrit de terre. En 1900, un prêtre, Khachik Dadian, commença à fouiller et, en sept ans, dégagea le plan complet, des chapiteaux, des reliefs et assez de fragments pour que l'architecte Toros Toramanian dessine ce qu'elle avait été. Cette reconstitution, sur papier et en maquette, est celle que tout le monde connaît et celle que l'on discute depuis : nul ne sait avec certitude si elle avait trois niveaux ou si le troisième est une invention.

Ce que l'on voit aujourd'hui

La plateforme à degrés, la base circulaire avec les colonnes et les arcs du premier niveau redressés, l'autel, des vestiges du palais du catholicos à côté et, au sol, des chapiteaux et des blocs sculptés. Le musée du site présente des pièces originales, la maquette de Toramanian et des photos des fouilles. Ruines et musée réunis, une heure. Depuis 2000, c'est un site du Patrimoine mondial, dans la même inscription qu'Etchmiadzin.

Comment l'inclure

Elle se trouve à 15 km à l'ouest d'Erevan, sur la route d'Etchmiadzin, et on la voit en général le même jour que la cathédrale et les églises d'Etchmiadzin, à cinq minutes. Ouvert de 10 h à 18 h, fermé le lundi ; le billet coûte quelques drams. Si la journée le permet, Khor Virap est à 40 minutes vers le sud et la complète avec l'Ararat en face.

Questions fréquentes

Pourquoi est-elle classée au Patrimoine mondial ?

Pour être l'exemple majeur de l'architecture arménienne du VIIe siècle et pour son plan circulaire à trois niveaux, qui a influencé des églises postérieures d'Arménie et du Caucase. Elle a été inscrite en 2000 avec Etchmiadzin.

Combien ça coûte et quels sont les horaires ?

Quelques drams, musée compris. Ouvert de 10 h à 18 h, fermé le lundi. Mieux vaut vérifier avant d'y aller.

Peut-on la combiner avec Etchmiadzin ?

Oui, c'est l'habitude : elles sont à cinq minutes l'une de l'autre. Avec Khor Virap l'après-midi, cela fait une journée complète depuis Erevan.