Hovhannavank : le monastère du canyon du Kasagh avec la parabole sculptée sur la porte

La rivière Kasagh descend de l'Aragats vers Ashtarak par un canyon droit et profond, et sur son bord, dans le village d'Ohanavan, se dresse un monastère de pierre rougeâtre avec une coupole sur tambour et une muraille. C'est Hovhannavank, le monastère de Saint-Jean-Baptiste, à 30 km d'Erevan. À cinq kilomètres en amont, sur le même bord, se trouve Saghmosavank, construit par la même famille dans les mêmes années, et les deux se voient en une matinée avec la masse de l'Aragats en face.

L'ancien et le nouveau

La tradition dit que Grégoire l'Illuminateur fonda ici une église au IVe siècle, quand l'Arménie venait de devenir chrétienne, et c'est de cette époque ou de la suivante que date la basilique à nef unique accolée au côté nord, petite et sombre, reconstruite en 1652 mais avec les murs anciens. La grande église, Sourb Karapet, fut élevée entre 1216 et 1221 par le prince Vache Vachoutian, seigneur de la région sous les Zakarian, et son fils Kurd ajouta le gavit en 1250. C'est le même schéma qu'à Saghmosavank : la famille construisait par paires.

Monastère de Hovhannavank au-dessus du canyon du Kasagh, avec l'Aragats en arrière-plan
Hovhannavank au bord du canyon du Kasagh, avec l'Aragats derrière.

Ce qu'il faut regarder

La porte de l'église, à l'intérieur du gavit : le tympan porte un relief de la parabole des vierges sages et des vierges folles, avec le Christ au centre et les dix figures de part et d'autre, cinq avec la lampe allumée et cinq avec l'air d'être arrivées en retard. C'est l'un des rares reliefs narratifs de la sculpture arménienne médiévale et il vaut à lui seul la visite. Le gavit a quatre colonnes et une coupole à lanterne, et l'église un tambour à seize pans qui s'effondra lors du séisme de 1918 et fut reconstruit. Dehors, des khatchkars, le cimetière et le précipice.

Le canyon

Depuis la muraille, on voit le Kasagh cent mètres plus bas, et le long du bord part un sentier qui relie Hovhannavank à Saghmosavank en une heure et demie de marche à plat, l'une des courtes promenades les plus agréables près d'Erevan. Un chemin descend à la rivière, et des grottes dans la paroi furent des cellules d'ermites.

Avec Saghmosavank et Amberd

L'habitude est une journée depuis Erevan : Hovhannavank, Saghmosavank, le monument à l'alphabet arménien au bord de la route et la montée à la forteresse d'Amberd, sur le versant de l'Aragats à 2 300 mètres, ouverte de mai à octobre. Entrée libre dans les deux monastères ; ce sont des églises en activité, avec des mariages le week-end.

Questions fréquentes

Quand a-t-il été fondé ?

La tradition fait remonter la première église au IVe siècle, à Grégoire l'Illuminateur ; la basilique conservée date des IVe-Ve siècles, reconstruite en 1652. L'église principale est de 1221 et le gavit de 1250.

Comment y aller depuis Erevan ?

Environ 30 km par Ashtarak, une demi-heure en voiture, jusqu'au village d'Ohanavan. Il se combine avec Saghmosavank, à cinq kilomètres, et avec Amberd dans la même matinée.

Qu'est-ce qui le distingue des autres monastères ?

Le mélange d'une basilique des premiers siècles chrétiens avec l'église et le gavit du XIIIe, le relief des vierges sages et folles sur la porte et l'emplacement au bord du canyon du Kasagh, face à l'Aragats.